06 novembre 2010
Scènes de la vie quotidienne des femmes de Nahoata, un court métrage essentiel.
Une belle histoire, qui m'a profondémént touchée....
Effervescence ce mercredi matin dans une grande surface de la commune d’Arue. Une petite équipe tourne un court métrage à la caisse…. Une histoire de sacs plastiques, écrite par des femmes des quartiers de Pirae. Georgina, femme de ménage, mère de 3 enfants, bientôt grand-mère, vit sa première expérience d’actrice. Elle est un peu anxieuse, avoue-t-elle, mais contente de participer à cette aventure. Avec 6 autres femmes de son quartier, et l’aide de Germain, seul homme dans ce groupe, elle a co-écrit le scénario de ce court métrage dans le cadre des rencontres organisées à l’Assemblée, à l’initiative d’Armelle Merceron, en septembre dernier sur le thème « Femmes et écritures, Vahine papai parau ».

Georgina, heureuse de cette belle aventure....
Lors de ces journées auxquelles avaient participé de nombreuses femmes, écrivains, journalistes, éditrices et artistes, un atelier d’écriture de scénario avait été proposé, sous la direction de Claire Scwob. Une occasion de montrer aux femmes, même les plus humbles, qu’elles peuvent elles aussi devenir créatives, et que l’écriture peut être aussi pour elles un moyen d’expression et dévasion. « Scène de vie polynésienne », c’est le thème qui avait été retenu. Et c’est le scénario de Georgina et du groupe des femmes de Nahoata qui a remporté le concours d’écritures mis en place à cette occasion. Un scénario qui a séduit par son originalité, mais aussi, c’est certain, par la fraîcheur de ces femmes, courageuses, naturelles et sans prétentions.
Souriante, un peu inquiète mais déterminée, Georgina participera donc toute la journée au tournage de ce court-métrage dont l’action se déroule principalement à Pirae, dans les quartiers de ces femmes. Une belle expérience pour elle, qu’elle a préparée avec le reste de l’équipe pendant tout le mois d’Octobre, en participant notamment aux repérages des lieux de tournage ; une expérience qui a été rendue possible grâce à l’appui d’Armelle Merceron, une aide au financement de EDT et de TNS. et qui n’aurait pas vu le jour sans la ténacité de Claire Sswob et Christine Tisseau Giraudel, qui, touchées par ces femmes de Nahoata, se sont investies pour réaliser ce court-métrage. Tous ces efforts conjugués et un résultat palpable, vivant qui sera bientôt partagé par tous avec sa prochaine diffusion sur Tahiti.TV et les chaînes locales.
Loin des discours de bonnes intentions, ce projet, tout simple mais humainement très beau, permet à ces femmes de raconter leur histoire. Et à voir le sourire épanoui de Georgina, l’implication de l’équipe de tournage, le plaisir de la caissière, fière d’aider dans cette aventure, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a tout de même en Polynésie de belles chaînes de solidarité. Et heureusement, ce type de projets se multiplie en Polynésie, comme celui de l’Association Fraternosc qui avait mis en place des ateliers de photos pour les enfants des quartiers de Papeete.
Quant l’art et la créativité viennent à la rencontre des quartiers, cela donne de belles aventures humaines, solidaires, riches de la vie quotidienne des Polynésiens… Comme quoi la simple histoire d’un sac plastique peut en cacher bien d’autres… Et on a juste envie de dire : Bravo, et encore !
30 octobre 2010
Coco la conteuse
Un portrait de Coco la Conteuse, qui n'a pas été publié, mais que j'aime bien...
Les contes animés de Coco la Conteuse à Te Fare Tauhiti Nui, des histoires à partager !
C’est l’histoire de Coco La conteuse… Cette histoire se passe dans une bibliothèque, celle de Te Fare Tauhiti Nui…. La bibliothèque est pleine, des enfants sont là, avec leurs parents, d’autres, plus grands, lisent des bandes-dessinées à l’écart. Tous attendent, un peu fébriles. Quand elle arrive, enfin, elle n’est même pas en retard… Notre hâte de la découvrir nous a fait oublier que c’est nous qui étions en avance. Même sans la connaitre, on sait tout de suite que c’est elle, la conteuse… Drapée dans une tunique orange, elle porte un turban jaune, et tout dans son attitude, nous signale que le moment attendu, l’heure du conte est venue.
Au « Bonjour les enfants » qu’elle lance, ils répondent tous en cœur, « Bonjour Coco ». « Je vais vous raconter une histoire » poursuit-elle… Ca tombe bien, ils sont tous venus pour ça. Mais ce n’est pas pour autant que le silence se fait. Parce que Coco ne lit pas les histoires, elle ne les raconte pas non plus d’ailleurs… Non, elle les partage. Et les enfants entrent avec elle dans l’histoire… « C’est l’histoire d’un loup » commence-t-elle. Un petit garçon intervient « moi j’ai déjà vu un loup ! » … « Ah bon, répond coco, mais celui là il est spécial, il mange des cailloux »… Et c’est parti pour l’histoire du loup qui mange les cailloux, et tout le monde écoute et participe, même les adolescents venus pour rester au frais, ou les parents venus simplement pour accompagner les petits. C’est ça la magie des contes animés de Coco. Elle ne fait pas que raconter une histoire, elle la vie. Elle roule des yeux, mime, laisse les enfants intervenir, la couper, et même elle utilise leurs remarques ; et l’histoire s’écrie au rythme de ces imaginaires enfantins qui s’ouvrent. Les enfants découvrent ainsi l’univers de la lecture, un univers qu’ils s’approprient et qui les transportent, merveilleusement éveillés. Puis une fois l’histoire contée, Coco ouvre le livre dont elle s’est inspirée, et fait revivre les personnages, avec la participation des enfants. Cette relecture, c’est une nouvelle découverte, celle des illustrations bien sûr, mais aussi celle du livre lui-même… On peut le prendre, le toucher, le regarder, le déchiffrer, le parcourir encore et encore, pour retrouver le loup entre les lignes… au détour d’une page qui se tourne en bruissant. Ainsi vient aussi l’envie de lire. A l’heure où l’on nous dit que les enfants ne lisent plus, Coco prouve en désacralisant le livre que c’est en les faisant aimer les histoires qu’on peut leur donner le goût de la lecture.
Et la méthode fonctionne, comme en témoigne le nombre d’enfants venus pour l’écouter, les yeux brillants de plaisir… La plus part d’entre eux sont d’ailleurs en général inscrits à la bibliothèque, et ce soir ils repartiront probablement avec des livres sous le bras, pour prolonger la magie du conte. Un succès grandissant donc pour Coco, qui a commencé modestement avec ses histoires en 2003, et qui depuis revient tous les mois à la maison de la Culture, en plus de ses interventions dans les écoles et les collèges. Une activité qu’elle aime, car on sent qu’elle prend autant de plaisir à faire partager sa passion du livre et des histoires, que nous à l’écouter… Car être conteuse, c’est certainement d’abord être passionné. Coco a toujours fait du théâtre ; elle a travaillé en librairie aussi ; mais c’est surtout en écoutant les histoires que sa vocation s’est révélée… Le turban, la tenue, vont avec son personnage, celui d’une conteuse tout droit sortie de l’histoire qu’elle s’apprête à nous révéler. Comme elle le dit, cela permet d’annoncer « l’heure du conte », le moment où l’espace et le temps vont se dilater, pour offrir aux enfants, à leurs oreilles comme à leurs yeux, ce moment magique ou l’imaginaire devient leur réalité.
Coco reviendra le mois prochain, le vendredi 19 novembre, à la bibliothèque de Te Fare Tauhiti Nui pour partager avec les enfants « le secret », à 14 heures. Emmenez-y vos enfants, c’est gratuit, c’est frais, il y a des peue et des coussins, et surtout il y a du rêve qui les y attendent. Et si vous n’avez pas d’enfants ou de neveux, vous pouvez y aller quand même, parce que Coco, elle partage les rêves d’enfants même avec les grands. Ca sera bête de s’en priver !
27 octobre 2010
Tehina au chevalet
Article publié dans la dépêche de Tahiti....
Tehina expose au Chevalet, le culot plein de tendresse d’un vagabond…..
Un chapeau, une larme tatouée et 21 toiles de vagabonds… Tehina est un personnage. Normal penserez-vous, c’est un artiste… C’est surtout une âme sensible, un étrange mélange d’attitude désabusée face à l’humanité, et en même temps empreinte de tendresse et de compassion pour l’individu. L’Homme est au centre de son œuvre, souvent seul ou avec un chien, toujours arborant un chapeau. Un couvre-chef désuet, ridicule, mélancolique, et en même temps intemporel. L’homme au chapeau est en fait le double artistique du peintre….Car c’est un peu son histoire que Tehina peint, ses toiles sont comme des carnets de bord de ses humeurs, de sa vie, de ses voyages. Là encore, entre réalité et fiction, entre dramatisation et dérision…Ses signatures nous indiquent ainsi la date et le lieu où sont peintes les toiles, et l’on peut ainsi suivre plus d’un an de la vie du peintre entre Tahiti, Moorea et la Nouvelle-Zélande. Une vie qui semble emplie de fête, puisque c’est le thème principal des œuvres. Le cirque, le casino, les bringues, le papio… tout un univers où l’on s’attend presque à entendre un accordéon tant elles vibrent. Des scènes joyeuses, mais paradoxalement avec un brin de mélancolie. Et cette gaieté est somme toute assez étonnante, car si lors de sa dernière exposition à la galerie du Chevalet il y a trois ans, son œuvre avait séduit le public par sa qualité esthétique, mais aussi par sa gravité presque accusatrice, Tehina nous surprend cette fois-ci par la légèreté apparente de ses toiles. Si le sujet principal, le vagabondage, la solitude et le questionnement des êtres face à l’humanité, est toujours bien présent, la palette se fait très chaude, colorée, joyeuse. A l’heure où les marchés de l’art sont fébriles, Tehina, lui, parle de la solitude de l’homme avec des couleurs éclatantes. C’est la joie dans la crise…. Un stupéfiant contre-pied, que l’artiste franchit allégrement. Un culot que peuvent se permettre les artistes. Qu’ils doivent même revendiquer. Comme le dit Tehina lui-même, les artistes ont une responsabilité, ils doivent porter un regard sur le monde qui les entoure. Même si son ambition est simplement ‘de réconcilier les vagabonds avec la vie’ dit-il, son œuvre est empreinte de bien plus… une simple quête de l’équilibre. Une quête de l’essentiel. Une quête de pureté.
L’œuvre de Tehina plait. Par la qualité de sa peinture certes, mais aussi parce que l’on y sent l’engagement personnel de l’artiste, sans pour autant que son travail en devienne sentencieux ou accusateur. Tehina livre des messages simples et vrais, avec force et conviction, mais aussi avec la dérision et le détachement qui rendent son œuvre forte, et son personnage attachant. Un être vrai, qui dépeint sa vie, la romance et la met en scène. Car il s’agit aussi de cela. Toutes les scénettes de la vie de l’artiste regroupées au Chevalet créent une ambiance particulière, et l’on pourrait presque se croire devant un « story-board » de la vie d’un vagabond.
Allez découvrir les 21 huiles et la dizaine de dessins à l’encre de Tehina. L’exposition mérite d’être vue dans son ensemble, cohérente, revendicatrice, mais aussi gaie et pleine de tendresse. Vous en ressortirez probablement avec une envie de jouer de l’accordéon, de caresser votre chien, ou de prendre un ami dans vos bras. Votre âme de vagabond aura envie de se sentir entourée… C’est ce qu’offre l’œuvre de Tehina, un peu d’humanité, et c’est tellement essentiel.
A apprécier absolument jusqu’au 30 octobre, à la Galerie du Chevalet.
6 années de peinture ....
Toutes ces oeuvres sont compilées dans l'album photo de oeuvres disponibles ...
Une compilation où l'on retrouve, en plus d'une évolution certaine de mes oeuvres, des grandes lignes fondatrices:
- l'utilisation des symboles et motifs polynésiens
- l'utilisation de matières, et notamment de papiers de soie
- une volonté de mélanger culture traditionnelle polynésienne et une approche contemporaine de l'art.
2005-2006 Tapa et Mana
Ces oeuvres peintes entre la Corse et Paris, ont pour thématique le Tapa, le 'tissu' traditionnel polynésien fait d'écorce de banian ou d'arbre à pain ( uru). On y retrouve l'influence des motifs traditionnels, mais aussi des papiers qui rappelent la consistance de ce tissu traditionnel et essentiel dans la culture polynésienne.
Cette série a fait l'objet d'une exposition en 2006 à Te Fare Tauhiti Nui, à Papeete. Elles ont également été présentées à Ajaccio et Paris.
Tiki- 2008
Peinte à Tahiti, ces oeuvres sont influencées par une rédécouverte des Tikis et de leur signes significatifs. Le travail de la matière y est plus présent, avec une recherche autour de la matière et moins d'utilisation de papier de soie.

Oeuvres exposées en décembre 2008 à Te Fare Tauhiti Nui, Papeete.
Maua -2009
Une période riche artistiquement, qui intégre l'influence du groupe artistique de l'Atelier du Meridien ( Benjamin Brillouet, Noémie Maugeais) mais aussi celle de peintre que j'apprécie particulièrement: Soulages , Tapies et Pollock.
Deux expositions en 2009 autour de cette thématique, l'une à La galerie Antipodes, et la seconde à te Fare Tauhiti Nui.
21 décembre 2009
Exposition Ha'amaoro- déc 2009.

22 septembre 2009
exposition 'amui - du 1 au 10 Octobre
Photos de Noémie Maugeais
Cette exposition est dédiée à la rencontre et l’imprévue….
farereira’a
à toutes les rencontres qui m’ont portées, nourries, inspirées….
taua , maua, tatou, matou
à vous, à nous, à eux
‘amui
à cet être ensemble qui fait notre diversité, notre richesse, notre culture….
A l’imprévue,
A la tâche de peinture
Au coup de pinceau
Au papiers qui se froissent
Aux tissus qui transferts
A l’alléatoire
Cet expo est dédié à ce nous….
A cette rencontre : amui !
12 septembre 2009
Exposition au centre Tjibaou
Particpation à l'expostion de Trans Art Pacific au centre Tjibaou
30 avril 2009
EXposition au musée de Tahiti et des îles
Te Tumu Uru - L'arbre à pain
Installation pour l'exposition collective
Le JARDIN DES DELICES,
Musée de Tahiti et des îles.
07 avril 2009
Prochaine exposition au musée des îles
14 mai 2008
Exposition MANA-article de presse
(Tahitipresse) - Organisée autour du tapa, l'exposition des toiles de Miriama Geoffroy se tient à la Maison de la culture, à Papeete, jusqu'au 25 avril. Les formats des toiles et un traitement graphique original confèrent à son art un caractère résolument contemporain inspiré par cette technique traditionnelle permettant d'obtenir une étoffe végétale par la technique de l'écorce battue.
Miriama Geoffroy, qui avait déjà exposé l'an dernier ses oeuvres à la Maison de la culture, sur le thème de la mer, reste fidèle à ses thématiques et continue, à travers cette nouvelle exposition, de confronter plusieurs références culturelles, en l'occurence l'art polynésien traditionnel et l'art contemporain occidental.
"Organisée autour du tapa, cette exposition lui redonne tout son sens ancestral: objet d'échange, signe de puissance, support de l'identité et du savoir faire des communautés du Pacifique, symbole de diversité, de richesse mais aussi de sensualité", explique Vaiana Giraud, responsable de la communication à la Maison de la culture, Te Fare Tauhiti Nui.
Mais le traitement très "graphique" du thème et une approche ludique - notamment dans le traitement des couleurs - de cette matière ancestrale permettent aux toiles de Miriama Geoffroy de s'inscrire tout à fait harmonieusement dans un intérieur moderne.
"L'artiste a puisé dans le côté brutal et fin, froissé et délicat des papiers de soie froissés, de l'acrylique et du marouflage de divers papiers pour faire jaillir en couleurs et en reliefs cet élément essentiel de la culture polynésienne", précise encore Vaiana Giraud dans la plaquette de présentation de l'exposition.
La distance à l'origine d'une vocation
Née à Tahiti, Miriama Geoffroy peint depuis son plus jeune âge. Revenue en Polynésie après des études d'architecture à Paris (une influence qui laisse des traces dans la construction de ses toiles), il lui aura fallu un second séjour de trois ans en métropole et les circonstances de la vie pour qu'elle prenne conscience que la peinture était réellement sa vocation. "C'est aussi cette distance qui me permet d'appréhender les formes traditionnelles pour les recomposer selon mon inspiration", explique-t-elle.
Avec leur format carré, pour la plupart, les toiles de Miriama Geoffroy ont une originalité. Elles se laissent approcher, selon l'inspiration de celui qui les regarde, et n'imposent pas de sens dans leur accrochage, ce qui laisse libre choix pour leur installation.
Outre ses expositions à la Maison de la culture, son oeuvre, accueillie dans des galeries métropolitaines, a aussi été accrochée aux cimaises de la galerie des Tropiques, à Papeete.
- Les amateurs d'art peuvent visiter jusqu'à samedi cette exposition dont le vernissage a eu lieu mardi soir à la salle Muriavai de la Maison de la culture.






























